Notes de lecture ovnis 1 : Jung, Rossoni..., Cooper, Greslé, Granger, Le Chatelain, Stengers,

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Carl-Gustav Jung, Un mythe moderne, Laffont, Paris, 1961

 

Régulièrement on trouve dans la littérature ovniste l'affirmation que Jung a rangé le phénomène ovnien parmi les mythes et les inventions de l'inconscient collectif humain. Pour tâcher de tordre le cou à cette entreprise de désinformation, il suffit de donner de larges extraits de ce livre, au titre sans doute imposé par l'éditeur.

Je me rends parfaitement compte du risque que j’assume en m’apprêtant à faire connaître mon opinion sur certains événements récents auxquels j’attribue importance et signification. Il s’agit de ces bruits, de ces rumeurs... et le problème de l’existence physique des objets volants qu’ils évoquent... tellement importants que je crois de mon devoir de lancer un cri d’alarme... Ma conscience de médecin me conseille de faire mon devoir pour prévenir ceux qui voudront bien m’écouter et les préparer au fait que l’humanité doit s’attendre à des événements d’où sortira la fin d’un éon, la fin d’une ère, la fin d’une grande époque du monde.

Je serais ridicule si je prétendais dissimuler au lecteur que de telles réflexions sont non seulement impopulaires à l’extrême, mais en outre qu’elles seront probablement très mal vues, car elles rappellent d’une manière inquiétante ces brouillards fantasmatiques, qui obscurcissent les cerveaux des augures et des faux prophètes. Je dois pourtant courir le risque d’être confondu avec ces derniers et mettre ainsi en jeu ma réputation - fruit d’une longue carrière, marquée par bien des efforts et bien des luttes - d’homme loyal, d’être digne de confiance et capable de jugements scientifiques. Mes lecteurs peuvent en être assurés : ce n’est pas d’un cœur léger que je m’y décide. Je le fais parce que je me sens - à franchement parler - profondément soucieux du sort que tous ceux qui seront surpris par les événements et qui, faute d’y être préparés, leur seront livrés, pieds et poings liés, et les subiront sans le recours d’aucune compréhension. Personne jusqu’ici - pour autant que mon information me permette d’en juger - ne s’est demandé quels seraient les effets psychiques possibles des transformations qui nous attendent. C’est pourquoi j’estime qu’il est de mon devoir - dans la mesure du possible et de mes moyens - de tenter de les esquisser. Je m’attelle résolument à cette tache ingrate mais sans me dissimuler que mon burin risque fort de glisser sur la pierre dure qu’il essayera de ciseler...

J’étais parvenu à la même conclusion que le rapport semi-officiel d’Edward J. Ruppelt, ancien chef du bureau chargé aux É-U de l’observation desdites soucoupes volantes. Cette conclusion est la suivante : on voit quelque chose mais on ne sait pas quoi. Il est même très difficile  - pour ne pas dire impossible - de se faire une idée claire de ces objets, car ils ne se comportent pas en corps matériels : ils échappent à la pesanteur, comme le feraient des pensées. Jusqu’ici on n’a pas trouvé de preuves indubitables de l’existence physique des soucoupes volantes, à l’exception des cas où un  écho a pu être enregistré au radar. Sur la confiance qu’il faut accorder à de telles observations au radar, j’ai interrogé le professeur Max Knoll, spécialiste en la matière, professeur d’électronique à l’université de Princeton et à l’École polytechnique de Munich. Les précisions qu’il a bien voulu me donner ne sont pas spécialement encourageantes. Toutefois il semble exister des cas attestés où l’observation visuelle a été confirmée par un écho simultané au radar. J’attire l’attention du lecteur sur les livres du major Donald Keyhoe, qui se basent en partie sur du matériel officiel et qui s’efforcent d’éviter le plus possible les spéculations échevelées, le manque d’esprit critique et les préjugés qui fourmillent dans d’autres publications.  

Le problème de la réalité physique des soucoupes volantes est posé depuis une dizaine d’années, sans pouvoir être tranché définitivement, ni dans un sens ni dans l’autre, bien qu’on ait accumulé durant cette période un grand matériel expérimental. Plus cette incertitude se prolongeait, plus grandissait la probabilité que le phénomène, manifestement compliqué, comportât également - à côté d’un substrat physique possible - une composante psychique d’un poids essentiel. Un tel objet - par son imprécision et son évanescence même - peut provoquer, mieux que tout autre, des imaginations conscientes ou des fantasmes inconscients. Les premières suscitent des suppositions, des spéculations et aussi des affabulations erronées, tandis que les seconds fournissent l’arrière plan mythologique susceptible d’être mis en jeu et d’être déclenché par des observations aussi irritantes.

C’est ainsi que se créa une situation dans laquelle - avec la meilleure volonté du monde - on ignorait si l’on avait affaire à une perception primaire suivie de fantasmes ou si, à l’inverse, il s’agissait de fantaisies inconscientes  primaires qui, en gestation dans l’inconscient, assaillaient le conscient, l’inondant d’illusions et de visions. Les matériaux dont j’ai pu avoir connaissance jusqu’ici, c'est-à-dire au cours de la dernière décade, légitiment également les deux points de vue: dans un cas c’est un événement objectivement réel, donc physique qui constitue le point d’appel du mythe, dont il s’accompagne dorénavant ; dans l’autre c’est un archétype qui crée la vision correspondante. A ces relations causales, il faut ajouter une troisième possibilité, celle d’une coïncidence synchronique, c'est-à-dire acausale, mais pourvue de sens, coïncidence qui a toujours préoccupé les esprits depuis Geulincx, Leibnitz et Schopenhauer. Cette dernière façon de voir s’impose en particulier pour les phénomènes étudiés ici, car ils sont en rapport avec certains processus psychiques de nature archétypique. En tant que psychologue, je ne dispose pas des moyens qui me permettraient de contribuer utilement à trancher le problème de la réalité physique des soucoupes volantes. Je peux uniquement me pencher sur l’aspect psychique indéniable du phénomène.




 

 D. Rossoni, É. Maillot, É. Deguillaume, Les ovnis du cnes, 30 ans d’études officielles 1977-2007


Dès la première ligne de la préface de JP Swings, on est prévenu, le problème est posé en termes de pour ou contre les pans. Trois anti-ovnis affectent de croire que les convaincus de la réalité d’ovnis ni humains ni terrestres sont des fanas de la soucoupe et des aliènes. Les ufologues travailleraient avec le secret espoir que ce soit vrai, au lieu de se livrer à une enquête judiciaire en règle. Ceci dit sans gêne par ceux qui travaillent avec la conviction que c’est faux. Les dossiers mal bouclés des ufologues et du Geipan sont ré-examinés avec suspection systématique des enquêteurs, des témoins et du contexte, il s’ensuit l’éloge des qualités de travail du Geipan chaque fois qu’il conclut A, B ou C, et le constat de sa nullité dans chaque dossier D !

 

Le refus d’un ancien président du cnes, H. Curien, de participer à une enquête est présenté par deux fois comme une marque d’esprit scientifique. Cela rappelle plutôt ceux qui refusaient de regarder dans la lunette de Galilée ou dans le microscope de Leuwenhoeck. Même les ufologues scientifiques - notez l’inversion - du geipan, comme les militaires du cometa, ou les francs-tireurs de la science, sont des pro-extraterrestres, dont ils affirment les manquements, le parti-pris ou l’incompétence. a preuve : ils sont honnis par leurs collègues du Cnes. Ils vont jusqu’à accuser, par citations interposées, le Geipan de favoriser l’hypothèse ovniste pour justifier son existence et ses crédits. C‘est une constante du livre, on conteste tout, tous  les coups sont permis.

Quels sont les plus rationnels ? Ceux qui cherchent à comprendre et accordent les trois quarts de faux ovnis aux sceptiques qui, au nom d’un prétendu principe d’impossibilité niant le progrès scientifique, posent en dogme le zéro ovni. Leur thèse est irréfutable selon Popper, il y a toujours dans le secteur, un astre, un aéronef, un phare, un reflet, un éclair, un nuage, un plasma, une voiture, un tracteur, un oiseau, un insecte… et s’il n’y en pas, on le trouvera dans l’œil ou le cerveau du témoin. Leur postulat se maintient par l’intimidation et par une épistémologie spéciale à l’ovni, propre à occulter la faiblesse d’un négationnisme systématique érigé en théorie scientifique. Elle repose sur deux conjectures érigées en principes spécifiques à l’ovni.


Principes épistémologiques anti-ovnis

 

= Toute explication naturelle plausible l’emporte sur une cause exotique. Les négationnistes du phénomène ovnien ignorent le principe de Descartes : Ce qui fait la science c’est la méthode et non l’objet. L’ovni serait le premier inconnu à dicter sa méthode à la science en exigeant des supercritères d’existence. Alors que l’éventualité sans précédent d’une confrontation de l’humanité à des exohumanités, exigerait de vérifier même s’il n’y avait que des présomptions et de privilégier l’hypothèse la plus dangereuse, même si elle n’était pas la plus plausible. Mais le phénomène est suspect d’autonomie et de supériorité sur l’homme, au moins en technologie. On comprend qu’on en veuille pas.

= Une affirmation extraordinaire requiert une preuve plus qu’ordinaire. C’est une manipulation sémantique : il n’y a pas de preuve ordinaire ni extraordinaire, pas plus que de preuve solide, irréfutable, robuste, absolue. Il y a des types de preuve mais il n’y a pas de degrés de preuve. Une preuve est une preuve ou n’est pas une preuve mais une présomption. Preuve est un mot entier comme mort, blanc, aveugle, silence. Instaurer des degrés de preuve, c’est changer un sens fort par un sens flou, pour mieux manipuler. Et ça marche, les ufologues frileux, complexés, se plient au dictat des négationnistes, et vont répétant docilement qu’en ufologie il n’y a pas de preuve. Alors que, - de l’aveu même des sceptiques, - dans tout autre domaine, des preuves ordinaires  seraient prises pour ce qu’elles sont : des preuves. Outre les preuves locales de la haute étrangeté d’un phénomène ovnien isolé, il y a l’évidence des preuves statistiques : rythme binaire à vagues massives limitées à l’emporte pièce dans l’espace et le temps, sur fond continu épars à mini-pics annuels, rythme nycthéméral, topologie désertique des rencontres, corrélations avec climat, visibilité, etc.

Leur preuve extraordinaire c’est l’atterrissage durable avec déclaration d’intention aliène, face aux télés, devant la Maison blanche, sur la place Rouge ou la place de la Concorde ou carrément le corps du délit, un disque et ses occupants morts ou vifs. Ce n’est pas la preuve, mais l’évidence. En anglais le mot evidence signifie preuve, les ufologues pro ou anti décalquent le mot, augmentant la confusion. L’évidence en français c’est ce qui n’a pas besoin de preuve, ce qui se passe de preuve. Ufologues et zététiciens n’étant pas des traducteurs professionnels tombent dans le piège des faux amis, décalquent evidence, project, projets menés à terme pendant des années sont des programmes ; de même experience signifie épreuve et le participe passé d’abduction est abduit, comme réduction donne réduit !


Deuxième tactique
, l’étiquette collée aux ufologues de passionnés de la soucoupe et des gentils aliènes dont ils attendent tout. Il y en a, qui sont pour partie cause ou prétexte du rejet scientifique. Mais nous sommes quelques-uns qui préfèrerions que les sceptiques aient raison, c’est malheureusement impossible. Le phénomène est réel et se camoufle subtilement, son impact sur l’humanité pourrait être apocalyptique. La seule éventualité d’un ethnocide de contact impose de traiter le sujet sérieusement, sans postulat d’impossibilité ni rires de peur. Principe de précaution oblige. Qu’il y ait des ufologues plus pro-ovni que pro-vérité ne suffit pas à en faire un argument d’inexistence de l’ovni. Vaguement conscient de l’impossibilité de prouver l’inexistence, le négationniste est aussi manichéen que son collègue pro-ovni. Les sceptiques de l’ovni sont aussi des ufologues, mais instruisant seulement à charge contre l’ovni. Nonfologues contre ouifologues. Dans ufologie, logie est de trop. Une accumulation de faits n’est pas plus une science qu’un tas de pierres une maison (H. Poincaré). Le véritable sceptique doute mais cherche la vérité et non à confirmer la thèse qu’il préfère. Se draper en chevaliers blancs de la Raison et de la science en croisade contre le soucoupiste borné ne compense pas le vide argumentaire et le trop plein de diagnostics de rechange.


Troisième tactique
, faire passer le négationnisme aprioriste pour une  hypothèse, voire une théorie scientifique, ramenant l’ovni à un artéfact naturel, trivial, banal, physique, technohumain ou psychoculturel. L’hypothèse psycho-sociologique faisant trop sciences humaines, les négationnistes avancent le pontifiant modèle réductionniste composite. Reconnaître la validité de ces trois mots vides de sens, c’est tomber dans un autre piège sémantique :1) un modèle de l’inexistence c’est quoi ? ressembler à rien, c’est quoi ? 2) le réductionnisme qui réduit le sujet à l’explication la plus économique, est différent du négationnisme qui nie le problème et se contente de plaquer dessus le plus de diagnostics dits plausibles ; 3) enfin l’insolite composite est le traduction pédante de catalogue à la Prévert, l’ovni baleine ou raton laveur. Celui qui emploie de grands mots, dit Schopenhauer, ne veut pas informer, il veut impressionner.

 

Même hypothèse sociopsychologique est pédant pour ce qui est simplement un bon catalogue des diagnostic différentiel de l’ovni, les pans ABC, ce qui ressemble à l’ovni mais n’est pas de l’ovni. On ne peut accepter un modèle réduit à un recensement de choses censées ressembler au néant ovnien et d’états de conscience censés inventer l’ovni. Avant 1947 les mots ovni, disque volant, soucoupe volante n’existaient pas.

En résumé, un gros livre, un choix un lot d’observations étudiées par le Geipan, revisitées, chacune affublée de son explication naturelle plausible, une longue dissection de neuf cas remarquables choisis parmi les plus spectaculaires, noyés sous un flot d’explications naturelles plausibles, en adoptant la tactique du Hynek première époque, oublier l’ovni, démolir le témoin, tout contester.

Scrutons de près dans un des neuf cas remarquable revisité en 23 pages, l’Amarante, les acrobaties sémantiques, les incantations et les diagnostics extrêmes, nombreux et contradictoires, qu’ils se permettent à la manière ufologue, sans consulter un médecin, muni d’un bagage de vulgarisation ou de pointe mal digérés. On y décèle les tactiques habituelles à base d’insinuations, d’allégations, de préjugés, sans maîtrise du vocabulaire spécifique utilisé.


Laxou, banlieue de Nancy, 21 octobre 1982
, 12h30, JL, 30 ans, biologiste, travaille dans son jardinet entouré de murs, un point brillant dans le ciel grossit, semble descendre, devient une forme circulaire qui vient flotter devant lui, silencieux immobile pendant 20 minutes à 1 m du sol, sphéroïde, 1,5 x 0,8 m, bleu lagon ; il le quitte un instant pour chercher un appareil photo qu’il ne peut déclencher, il n’ose le toucher ; décollage à la verticale et disparition à grande vitesse, au départ l’herbe sous l’engin se soulève à la verticale. Le soir JL constate qu’un massif d’amarantes proche du phénomène s’est flétri en quelques heures. Le Geipan relève la précision de la description, des déplacements et des dessins du témoin. Mais plus le cas est complexe et précis, plus l’imagination des Z galope.

 

Première insinuation : début et fin par un point brillant dans le ciel, même position du témoin au début et à la fin, on ne peut exclure qu’il soit resté … immobile, en rêve éveillé, dira-ton plus loin. 

Deuxième insinuation : JL a peiné sur les détails d’aspect et de couleurs, il a employé faisait penser au lieu d’était  (!), ce qui était précision de la description pour le Geipan devient flou descriptif pour les Z, qui trouvent par contre les dimensions trop précises. Les hypothèses contradictoires ne les arrêtent pas. Je voudrais les voir, seul devant un engin d’un autre monde en lévitation tranquille, qui rayonne peut-être, qu’on n’ose toucher et qui bloque l’appareil photo. JL a estimé la masse lourde et comparé la paroi supérieure couleur béryllium, métal ultra léger disent-ils, semblant y voir une contradiction.

Troisième insinuation perfide gratuite. La nette tendance du témoin à étayer ses propos par des termes scientifiques, souvent hors de son domaine de compétence, montre sa limite de crédibilité. Il aurait, selon eux, dû se limiter à décrire ce qu’il voyait de bio dans l’engin ! Remplacez témoin par révisionniste de service et la phrase se retourne contre les auteurs.

Passons le pinaillage sur quelques minutes et centimètres de variation dans les dépositions successives, sur l’absence d’autres témoins dans une ville de 15,000 habitants survolée à midi. Pas d’appel à témoin, pas d’investigation dans le quartier. Et venons-en aux morceaux de bravoure cliniques de nos trois zététiciens.

Le diagnostic clinique sur déclaration du témoin, bonne santé, ni médicament ni somnifère, paraît courte aux Z qui auraient besoin de plus pour étayer leurs diagnostics physiques : l’illusion visuelle complexe et l’hallucination et les savants diagnostics étiologiques qu’ils plaquent derrière.


I. L’aura migraineuse
. Le Geipan n’a pas pensé au scotome scintillant de l’aura ophtalmique migraineuse, qui dure, ça tombe bien, 25 minutes en moyenne ! Des points et zig-zags brillants, pouvant s’accompagner de micropsie, macropsie ou métamorphopsie. Une nouvelle forme clinique d’aura migraineuse est proposée : l’ovniopsie. Une vasque présumée pleine d’algues bleu-vert justifiant les travaux de JL s‘est transformée en quasi-atterrissage d’ovni, un mouvement de tête vers le haut puis vers le bas, sur fond d’aura migraineuse agrémenté d’un état de conscience non-ordinaire, et, du jardinet transformé en chambre d’Ames.

 

Tous diagnostics hautement fantaisistes. En médecine, il y a les symptômes, le syndrome (groupe de symptômes appartenant à plusieurs maladies ou lésions), les formes cliniques de la maladie. Il est rare de trouver tous les symptômes du syndrome, et jamais ceux des formes cliniques. JL fait le plein des symptômes et des formes cliniques. Un catalogue à lui seul de l’aura migraineuse. Mais, il n’y a pas d’altération de la conscience dans l’aura migraineuse.

L’intrusion de la chambre d’Ames est un délit d’esbroufe pseudoscientifique. Ce n’est pas celui qui est dans la chambre qui subit l’illusion mais celui qui la regarde de l’extérieur, de plus c’est un modèle 2d théorique de chambre trapézoïde vue cubique faussant la perspective des tailles des occupants.

Plus gênant pour les Z, un scotome scintillant délimite une tache aveugle sur le champ visuel. L’ovni-scotome ne peut être immobile au centre du jardin, il est partout où JL regarde et le suit à l’intérieur quand il va chercher l’appareil photo. Exit l’ovni scotome, exit l’illusion visuelle complexe qui nécessite un JL immobile ne regardant que la vasque pendant 20 minutes sur aura migraineuse complexe présumée.


II. L’hallucination.
Deuxième type d’explications possibles jamais exploitées par le Geipan, moins délirant que notre trio anti-ovni. Syndrome neuropsy gravissime dont il faudrait aussi limiter la bouffée délirante aux 20 minutes chrono ad hoc.

 

Passons sur la prétendue étrangeté du comportement de JL pendant le phénomène et sur ses réflexions à l’enquête, qu’ils trouvent bizarres, puis lui reprochent d’avoir eu peur de toucher l’objet. D’autres l’ont fait, ont été jetés terre, immobilisé ou brûlé au 2e degré comme Michalak. Le reproche de rationalisation est aussi curieux, d’habitude on le dit du témoin qui tente à tout prix une explication naturelle. JL n’étant pas un fana ovni, ils tentent de rattacher son épisode par médias interposés à un épisode ovnien vieux d’un an à Trans. Ouvrir 36 fronts, c’est reconnaître qu’aucun n’est  solide.

Quasiment tous les types d’hallucination sont proposés, même les champignons hallucinogènes.


II.1. Une hallucination hypnagogique ou hypnopompique.
Ce sont de bien grands mots pour un symptôme bénin et fréquent qui, comme le nom l’indique, survient au réveil ou à l’endormissement, illusions grossières visuelles ou auditives très courtes toujours autocritiquées. Rien à voir avec les états divers doctement étalés : faux souvenirs, transfert inconscient, rêves remémorisés, rêve éveillé, paralysie du sommeil. Le dernier, son nom l’indique, ne survient pas à midi dans un jardin, et à garder plutôt en diagnostic différentiel d’une abduction au lit.


II.2. La fabulation
. Le syndrome décalqué de l’anglais de personnalité encline à la fabulation, nouvelle forme clinique découverte d’hypnose, ficelée autour de quelques cas pour les besoins d’une publication dans un périodique de pointe. Diagnostic basé sur ses réactions délirantes liées à sa certitude d’avoir été visité par un engin d’un autre monde : pourquoi moi ? Qu’y avait-il dedans ? Quelle forme de vie possible dans un engin si petit ? propos décrétés incohérents parce qu’ils refusent ce diagnostic a priori. De toutes façons, en nosologie psychiatrique, la fabulation n’est pas une hallucination et relève de la mythomanie. Qui ne naît pas pour 20 minutes.

 

Puis on revient longuement à la paralysie du sommeil par erreur de copier coller probable. Et toujours pas à leur place des regrets de manque d’informations : a-t-il mangé avant ou après l’épisode ? est-il allé au travail l’après-midi ? Pourquoi n’y serait-il pas allé ? Il n’a perdu que vingt minutes et n’avait d’après eux aucune raison d’avoir eu peur.  Et s’il est allé le soir à la gendarmerie, c’est qu’il avait autre chose à faire avant.


II.3 Une hallucination d’origine psychiatrique.
L’escalade verbeuse plafonne au délire. Diagnostic basé de façon ambiguë à la fois sur le témoignage et sur l’interprétation ovnienne qu’il en fait, décrétée discours incohérent. Ils évoquent sans le dire deux diagnostics proches mais de gravité différente. Soit une  bouffée délirante unique de 20 minutes, traduite par une hallucination à scénario ovnien complexe et précis autant qu’étrange. Soit la manifestation d’une psychose chronique qui en implique d’autres fréquentes incompatibles avec une vie de chercheur. Et il faudrait chercher d’autres symptômes que la croyance aux ovnis qui est bien banale si l’on croit en avoir fait une observation.


II.4. L’hallucination neurologique : la crise d’épilepsie temporale
,  perte de contact avec la réalité avec hallucinations complexes en relation avec la reconnaissance  des visages. Ce sont des crises gravissimes à répétitions traitées par la chirurgie. Diagnostic exclu ici. S’il en souffrait avant, pourquoi aurait-il été surpris et couru au gendarme et non au médecin, et si c’était la première crise, elle ne serait pas restée unique et la suite gravissime se saurait.

 

Les auteurs semblent croire que l’accumulation gratuite de scénarios différents s’excluant les uns les autres serait convaincante, alors qu’elle signe au contraire le peu de valeur attribuable à chacun. Cela fait penser aux diagnostics étiologiques différentiels étalés en fin d’observation clinique par un externe studieux avant de se rallier à l’un d’eux. Et les auteurs sentent nécessaire d’ouvrir un deuxième front. 


L’environnement physique du phénomène.
Même tactique : la réinterprétation systématique de chaque détail du contexte temporospatial et socioculturel. Le desséchement partiel du massif d’amarantes est un coup de gel sélectif. L’élévation des brins d’herbe, une réminiscence par le témoin d’une expérience de l’action des champs électriques intenses sur les végétaux faite à Toulouse. Les roses et les amarantes aussi proches ne se sont pas soulevées (le témoin non plus !). Le point brillant dans le ciel a pu avoir beaucoup d’autres origines. L’appareil photo n’a pas été examiné. Pourquoi a-t-il supprimé le massif d’amarantes, par souci d’esthétique avant le prélèvement par le Geipan. Enfin, un biologiste n’est pas plus crédible qu’un autre et constitue le Témoin idéal pour un Geipan avide de résultats et tenant son témoin scientifique ! 

 

En fait d’ovnis l’ignorance progresse, il y a 50 ans, les Menzel étaient des désinformateurs aux ordres du complexe militaro-industriel, aujourd’hui il semble qu’ils soient naïfs, spontanés et sincères. Un phénomène brutalement apparu il y a 61 ans, évoluant sur son mode propre, éprouvé par des centaines de milliers de témoins, - les 10 p. cent osant braver un jugement social décapant, - est rejeté par la science, la politique et les médiats, sous prétexte d’impossibilité théorique. Le rejet, en leur temps, des météorites, des fossiles et de l’hypnose permet de le comprendre. Mais que le formidable travail des enquêteurs et chercheurs privés, la masse d’informations accumulées sur le phénomène et sur son maltraitement officiel, soient ignorés des sociologues, psychologues, anthropologues, et même des historiens, sauf à le railler ou le nier, révèle le formidable verrou psychosocial suscité par un phénomène qui « paralyse » la société comme l’ovni « paralyse » le témoin.

Avoir pour programme de recherches qu’il n’y a rien à chercher (Méheust), est peu excitant s’il n’y a pas une motivation puissante à la clef, ici la peur que ce soit vrai, le refus d’envisager l’inacceptable. Il y a de quoi, et combien on préfèrerait qu’ils aient raison. Mais il faudrait autre chose que des incantations partant dans tous les sens

 Jacques Costagliola

  

 

PS. La preuve. On la tient depuis 1947. Avant 1947, les rares observations d’aéronefs inexpliqués – vaisseaux aériens sur le États-Unis de 1896, avions fantômes de 1934-39 sur l’Europe, fusées fantômes de 1946 sur la Scandinavie, – étaient toutes attribuées à des engins de fabrication terrestre. En juin 1947, en moins de trois mois, explosent 850 observations médiatisées de soucoupes volantes suspectes d’être extraterrestres, contre zéro les années précédentes, et sur l’ouest des États-Unis exclusivement. On ne peut accuser le mythe qui mettra plusieurs années à incuber (Méheust). ce qui impose l’existence d’un phénomène nouveau, à l’évidence spécifique, qui perdure depuis sans explication naturelle sous forme de 25 % d’inexpliqués dans toutes les études privées ou officielles. Plus tard on prouvera même qu’un nombre significatif d’observations concerne les sites nucléaires stratégiques.

 

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Gordon Cooper, Nous ne sommes pas seuls dans l’espace :

un astronaute de la NASA témoigne, Presses du Châtelet 2001

 

Le colonel Gordon Cooper, alors major de l’armée de l’air américaine, est un des sept astronautes sélectionnés en 1960 pour le programme Mercury et le dernier à orbiter le 15 mai 1963 : panne totale de courant à la 19e révolution, température et CO2 montent et il devra prendre les commandes à main pour une rentrée acrobatique et un amerrissage réussi. Puis, c’est Gemini 5 avec Conrad. Il est crédité être le premier astronaute à avoir observé un ovni dans l’espace, il dément ainsi que les histoires de photos, de structures sur la Lune et d’observations par d’autres astronautes, sauf celle de MacDivitt et White sur Gemini 4 en 1965 : un objet métallique bizarre avec un bras qui dépasse, dûment photographié, il n’était pas sur la liste des débris spatiaux et ne pouvait être le 2e étage du lanceur Titan II que Divitt avait identifiée auparavant.

Par contre, il rapporte plusieurs observations d’ovnis à lui directement rapportées, malheureusement il ne donne pas toujours noms, dates et détails :

- quatre par un commandant de bord de ses amis dont un petit ovni sous une aile ;

- une par deux pilotes d’essai sur T-33 à 9.000 m au dessus d’Amarillo, alertés par le centre de contrôle d’Albuquerque et son radar, il s’étaient approchés d’un grand disque métallique et avaient volé avec lui dix minutes en formation serrée.

Lui-même en a vu en 1951 alors qu’il était lieutenant en second à la 525e escadrille de chasseurs bombardiers en RFA sur F-84 puis F-86 Sabre, ayant décollé en formation d’interception de disques métalliques argentés qui montaient toujours plus haut que le plafond des chasseurs. Des soucoupes ont survolé la base quotidiennement pendant deux ou trois jours. Parfois en groupe de quatre, parfois jusqu’à seize appareils en même temps. Elles pouvaient varier d’allure et même s’arrêter pendant que nous filions sous leur ventre comme des flèches. Elles venaient au dessus de la base à intervalles réguliers toute la journée généralement d’est en ouest. Des photos, des rapports d’officiers supérieurs, aucune enquête officielle.

Le 3 mai 1957, son équipe de photographes, James Bittick et Jack Gettys, filment des atterrissages d’essais sur le site Askania n°4 d’un lac asséché de la base Edwards, ils enchaînent à une photo par seconde, sur une soucoupe à trépied d’atterrissage se posant à 50 m devant eux, métallique argentée de 10 m de diamètre silencieuse, mitraillée au 24 x 36 et au 4 x 5 ; elle s’est envolée à survitesse quand ils s’en sont approchés. Cooper appelle le Pentagone où un général lui donne l’ordre de développer les films sans tirage papier et de les envoyer à Washington dans une valise fermée à clef. Cooper n’a pas tiré de positifs mais a vu les négatifs : gros plan d’une soucoupe classique argentée, brillante, lisse, posée sur trois pieds. Plus rien sur ces photos d’atterrissage sur une installation militaire ultrasecrète. Ballon sonde déformé par l’air du désert dira-t-on. Un ballon sonde en forme de soucoupe avec trois trains d’atterrissage réplique-t-il.

Il cite quelques observations inexpliquées du programme Livre Bleu :

- 13.03.51, base aérienne de McClellan, lieutenant en premier BJ Hastie, un cylindre de 60 x 27 m, durée d’observation deux minutes, départ à vitesse insensée ;

- 24.03.52, Point-Conception, Californie, un navigateur radariste volant sur B-29 suit 20 secondes un objet à 5.000 kmh, quatre fois celle de l‘avion le plus rapide d’alors.

- 10.01.53, Sonoma, Californie, le colonel [R] Robert McNab, de l’Agence de sécurité fédérale FSA, voit pendant 75 secondes un objet plat opérer des évolutions folles ;

- 15.07.52, le fameux carrousel de Washington ; 

- 13.08.56, deux bases aériennes américaines en Angleterre sont survolées, deux avions envoyés en interception, un ovni s’enfuit à 18.000 kmh, un autre se colle en queue d’un avion qui ne peut s’en dégager jusqu’à son départ fulgurant.

De 48 à 69, Livre bleu enquête sur 12.618 observations et ne peut en expliquer 701. Dans le premier semestre 52 : 400 rapports dont nombre d’observations visuelles et ou radars par des pilotes. Les photos prises par Cooper sur Gemini 5 lui sont confisquées sur ordre du président Lyndon Johnson, il saura plus tard qu’il avait photographié la zone 51 où la technologie de disques crachés serait  expérimentée et dont il n’a jamais rencontré quelqu'un admettant y avoir travaillé. Cooper était l’ami des Allemands enlevés par les Américains : Hermann Oberth, avait dirigé une commission d’enquête ouest-allemande sur les ovnis et les disait « propulsés par un champ gravitationnel modifiant la gravité en énergie utilisable, et ne venant pas du système solaire » ; Wernher von Braun qui a fait une observation inexpliquée le 10 juillet 1949 à White Sands, alors qu’il lançait un V-2 à 600 m/sec, deux petits ovnis montent en cerclant autour du missile, dont l’un passe dans l’échappement du missile, puis le laissent sur place à grande vitesse.

Cooper révèle que le coup d’arrêt au programme Saturn 5, à la conquête de la Lune et de Mars est dû à la croisade du sénateur Proxmire contre les dépenses inconsidérées, l’une des plus grandes stupidités faites par ce pays dira von Braun. En 1970, Cooper quitte la Nasa et participe à des fouilles sur un site olmèque, il y voit des représentations d’hominoïdes supérieurs et des symboles et méthodes de navigation aux étoiles les plus récentes.

En automne 1975, un rapport du NORAD à propos du survol de bases aériennes de la frontière nord aurait oublié celui des sites d’armes nucléaires :

- 28.10.75, BA de Loring, Maine un objet rouge et orange, à feu blanc clignotant et feu ambre et orange, mouvements désordonnés et arrêts ;

- 30.10.75, BA de Wurthsmith, Michigan, un feu pointant en bas et deux feux rouge arrière, vu et radaré par un KC-135 de ravitaillement en vol, qui s’en approche et le voit partir à 20.000 kmh ;

- 08.11.75, BA aérienne de Malstrom, Montana, sept objets, témoins au sol, vitesse 15 kmh au radar ;

- 10.11.75, BA de Minot, Dakota-nord, objet brillant silencieux défile rapidement à 600 m au dessus douce la base ;

- observation de Jimmy Carter, Leary, 1969, orbe flamboyant rouge et vert  traversant le ciel en quelques minutes ;

- Ronald Reagan, alors gouverneur, et son pilote personnel Bill Paynter, en route sur Los Angeles, voient un ovni près d’une aile, collant aux manœuvres de l’avion quelques minutes avant de dégager et filer.

En 1978, sur la proposition de la Grenade, Hynek, ancien conseiller de Livre Bleu et Cooper vont demander à l’Onu l’officialisation de la recherche, en vain. Demande reprise encore en 1998 par le colloque de Peter Sturrock.

A partir du chapitre 13 on entre dans encore plus insolite. En 1978, Greg Linde, une relation d’affaires, va lui présenter Wendell Weddling, homme d’affaires qui aurait fait une rencontre du 3e type, mais Welling meurt avant qu’il ait pu le voir. Il verra son gendre, Scot Holmgren, qui raconte : Le 6 octobre 1959, Welling, G. Nelson, W. Buhler, à Montpelier, Idaho, après avoir entendu deux démarrages de moteurs et une déflagration terrible, voient un disque qui vient en basculant à une altitude de 300 m défiler à 400-500 m d’eux à 600 kmh. Il est fait de deux dômes inversés d’un gris bleuté, séparés par un espace de 50 cm muni de poteaux verticaux ; seul le dôme supérieur tourne sur lui-même, trépied d’atterrissage, aucune marque, aucune fumée ni échappement, l’engin s’éloigne et disparaît à l’horizon en deux trois minutes.

Welling s’était alors mis à construire des maquettes de soucoupes pilotables, à voilure de soie sur structure en bois de sapin et en utilisant l'effet toupie de deux demi disques contrarotatifs, l’inférieur muni de fentes rejetant l’air. L’énergie fournie par un générateur lui parvenait par un câble. Cooper est invité à piloter la plus grande qui s’élève tout de suite à 3 m et évolue dans les limites de son câble. Il en apprécie la portance et la force de sustentation.

Cooper, employé chez Disney, est contacté par Valérie Ransone qui se dit informée télépathiquement par des intelligences extraterrestres bénévolentes à notre égard. Elle participait avec quelques scientifiques marginaux à la création d’un centre de technologie avancée CAT. Ransone a eu un épisode de temps manquant à 17 ans et reçoit depuis des messages télépathiques de même qu’un groupe de personnes réceptives,  des enfants de l’espace. Il consulte un Dr Puharich qui travaille sur ce matériel de télépathes. Circonstance aggravante Valérie tord les cuillères. Elle a recensé 35 enfants de l’espace de 12 à 55 ans ainsi qu’une douzaine de civilisations travaillant à informer leurs correspondants. S’agit-il d’une nouvelle affaire Oummo ? Cooper décide de les aider à temps perdu à monter le CAT. Un message reçu par Valérie va confirmer Cooper dans la réalité du phénomène : un défaut dans la ventilation de la navette spatiale est à revoir sauf à aller à la catastrophe. Cooper informe Bennet Ben James, l’erreur de conception est repérée et réparée. Puis Valérie lui fait connaître les travaux de Nicolas Tesla, indûment doublé par Edison, Marconi, Röntgen. Tesla est mort à New-York en 1943 après que son labo et ses documents aient été détruits dans un incendie. Tesla aurai inventé un système de transmission de l’énergie électrique sans fil par antennes, avec un circuit empruntant le sol et l’ionosphère, mais les efforts des concurrents et le manque d’argent auraient empêché la construction d’une tour de Tesla, ce que Valérie voulait réaliser.

Valérie présente Dan Fry, spécialiste de la propulsion balistique, impliqué dans la mise au point du guidage de la fusée Atlas. Le 4 juillet 1950 à White Sands, au cours d’une promenade au pied des monts Organ, peut-être téléguidée, Fry a été survolé par un objet obscurcissant les étoiles en s’approchant jusqu’à 30 m, sphère bleue de 10 m de diamètre sur 6 m de hauteur, bol retourné sur une assiette. Une voix l’avertit de ne pas toucher la surface protégée par un champ répulsif, puis l’avait invité à un court vol comme passager. Gordon sera invité par Valérie à un second tour de soucoupe avec Fry. Mais le vol sera annulé. Cooper conclut sur les trois mystères de sa vie : les interceptions d’ovnis en 1951, les soucoupes de Welling, l’information confirmée sur un défaut de conception de la navette, sans parler des nombreuses observations inexpliquées qu’il rapporte de première main de collègues ou informateurs. L’établissement feral le silence radio sur ces insolites mémoiresd’un astronaute par ailleurs adulé ? Prendrait-on le risque de suggérer que la Nasa a sélectionné, parmi les sept élus de 508 pilotes d’essais retenus sur plus d’un millier de candidats, un naïf fabulateur crédule ?

JC
 


 

Jean-Gabriel Greslé, Documents interdits, Ce que savent les états-majors, Dervy, 2004

L’auteur était aux États-Unis lorsque le double carrousel sur Washington a secoué l’Amérique,  commandant de bord d’Air-France, il a fait plusieurs observations en vol et au sol qu’il a raconté ailleurs. Ici, il épluche les documents officiels déclassés, directs ou indirects, qui prouvent la détection par l’armée de l’air d’une activité ovnienne intense et menaçante depuis 1942 et la réaction désordonnée de l’organisme restreint tentant de gérer cette affaire et de maintenir un couvercle de secret allant jusqu’à la destruction d’archives, la négation, la désinformation et la manipulation des témoins.

Le premier document, signé du général Marshall pour le président Roosevelt, atteste que dans la nuit du 25 février 1942, Los Angeles a été survolé de 3h12 à 4h15 par 15 « avions » entre 3.500 et 5.000 m d’altitude, aucune bombe, aucun avion abattu malgré une vitesse de 370 kmh à très lente, les projecteurs et 1.400 obus de DCA.

Un rapport du 16 août 1946, signé du futur chef de la CIA, l’amiral Hillenkoetter, rapporte qu’en 1946, la Scandinavie est survolée d’est en ouest par des fusées fantômes type V1, V2, mais à longue portée et à  vitesse de lente à mach 2,5 qui ne peuvent être attribuées aux Russes.

En 1947, 700 observations d’aéronefs exotiques sur les États-Unis dont certaines enrichies de pistes radar, et probablement confirmées par le ramassage secret d’épaves à Roswell et ailleurs, ressortent de 5 documents signés Twining, Hoover, Macdonald. De 1948 à 1950, 9 documents FBI, CIA, USAF, dont le fameux AFR-200 de 1952 qui menace de 10 ans de prison et de 10.000 $ d’amende qui rendra public une observation d’ovni. Le 10 juillet 1947, le général Schulgen dit à l’agent FBI Reynolds que l’Air Force étudie les objets volants qui pourraient être des corps étrangers mécaniquement conçus et contrôlés. Le 21 janvier 1948, un mémorandum secret sur les besoins d’information en matière d’aéronefs inconventionnels détaille matériaux métalliques, composites, alternes, plastiques, balsa, la propulsion sans réservoir (en 1948 !). Les destinataires sont le Renseignement, les chefs d’état-major des trois armes , les commandants de régions et d’armées. Le 4 février 1948, le général Stratemayer, commandant la défense aérienne, décrit aux six régions aériennes les modalités d’investigation et de rapports confidentiels en matière de disques volants.

Le 31 janvier 1949, c’est un rapport FBI sur le survol d’installations vitales dont 10 sur Los Alamos et ses bases atomiques. Le 15 février 1949, réédition du mémorandum d’investigation où apparaît pour la première fois le terme objet volant inidentifié condensé en UFOB. Le 25 mai 1950, rapport du physicien Lincoln La Paz, sur 209 observations de phénomènes aériens inexpliqués sur le Nouveau-Mexique de fin 1948 à mi 1950 classées :  boules vertes, disques, météorites près de sites fédéraux et militaires sensibles : Los Alamos 29%, Kirtland, Sandia, Albuquerque 18, Fort-Hood, Killeen 15, White-Sands, Holloman, Alamogordo 9%, Roswell 1,4%. Le 21 octobre 1950, rapport du commandant en chef sur des observations à vue et radars répétées au dessus d’Oak Ridge, où l’on prépare l’uranium, témoignages de gardes d’installations survolées lentement à quelques mètres du sol et à saute-mouton au dessus des portes et des haies (Blair Gate 15-16.10.1950). De fin 1948 à mars 1949, les sites nucléaires ultrasecrets d’étude, fabrication et stockage sont survolés les uns après les autres. La situation est paradoxale : au moment où les États-Unis sont devenus avec l’arme atomique les maîtres du monde, ils sont menacés par une force inconnue monstrueusement supérieure. Les gestionnaires de la situation décident la collecte d’informations et le secret (3ème version du mémo de collecte des rapports, 08.09.50, général Cabell, SR/USAF à Hoover, CIA).

Ottawa, 21 novembre 1950, Wilbur Simth, physicien, informe son gouvernement d’informations données par le physicien Sarbacher : les soucoupes existent ; le niveau de secret y appliqué est le plus élevé, deux niveaux au dessus de la bombe H ; un effort coordonné par le physicien Vannevar Bush tente de percer leur modus videndi (sic), des épaves ont été analysées, des corps disséqués. Sarbacher confirmera en 1983.

An 1951 : 19 observations d’aéronefs inconventionnels dont quatre radarés. Le 25 août et les nuits suivantes survol d’Albuquerque par une aile volante de la taille de deux B-36 et demi, lumières bleues sur Lubbock, proche de la base secrète de Sandia.

Les raisons du secret pour Greslé sont : Impératifs de Défense. Impuissance inavouable. Transfert de technologie. Survol des bases secrètes. Risque de panique. Les moyens du secret sont l’extension des attribution de la Défense, le compartimentage, la menace de prison, amende et plus, l’appel au patriotisme, la destruction d’archives, le caviardage des documents déclassifiés. Les hommes du secret seraient Truman, Marshall, Eisenhower, Bradley, Forrestal, Souers, Hillkoetter, Vandenberg, Bedell Smith, Doolittle, W. Bush, von Neuman, Schulgen, Twining, Cabell… Pour Greslé, les intentions des aliènes sont pacifiques, sinon ils auraient agi avant l’ère industrielle. Ils ne sont pas tout-puissants, sinon ils ne chercheraient pas à impressionner un adversaire totalement impuissant, ils ont mis plusieurs mois à détecter toutes les bases nucléaires, enfin ils auraient perdu des engins abattus ou crachés. La volonté d’intimidation est patente : vague étatsuniennes de 47 et 52, les 19 et 26 juillet 1952 survol des sites militaires et de la zone interdite Maison Blanche Pentagone, carrousel d’effets spéciaux, simulacres de collision, jeu du chat et de la souris avec les intercepteurs.

Le 5 avril 1952, nouvelle transmission des rapports : l’AFR 200-5 pour les militaires, pilotes, agents fédéraux, et en même temps pour amuser la galerie mise en place du programme Livre Bleu, dirigé par le lieutenant Ruppelt à qui on refuse un véhicule pour enquêter et a le téléphone pour investiguer les observations sur tout le pays. Du 12 au 18 janvier 1953, - mais on ne le saura qu’en 1969 dans le rapport Condon, - réunion de la commission Robertson, réunissant des scientifiques impliqués dans la recherche nucléaire, 3 jours sur des dossiers triés par l’Air Force, conclut pour le public : le phénomène ne nous menace pas et n’a rien à apprendre à la science, il est nécessaire de le démythifier, d’éduquer et de rassurer le public. Le but est atteint, chute des rapports civils. Pendant ce temps, l’armée continue d’investiguer. En septembre 1953, deux publications de l’Air et de la Marine publient des portraits robots de disques. Le 26 août l’AFR 200-2 entre en vigueur et sera maintenue jusqu’en 1994, instruction de transmission des rapports d’ovnis qui menacent le pays par risque de confusion avec des engins soviétiques ; création d’une escadrille d’enquête et de récupération des données et marques au sol. Livre Bleu est ignoré. Qui voit un ovni est convaincu de gré ou de force qu’il a vu Vénus ou un insecte, s’il insiste on le menace de l’hôpital psychiatrique, s’il persévère il perd son métier ou sa vie.

Le JANAP 146 E, terre, marine, air, met au point le rapport CIRVIS d’ovnis en urgence privilégiée sur toutes les autres procédures au NSA. Eisenhower nomme NA Rockfeller président d’une commission de réorganisation du ministre de la défense qui prend de  l’ampleur au détriment du président. Les 20-21 février 1954, Eisenhower disparaît 48h : os de poulet, dentiste ou colloque sur la base d’Edwards avec des aliènes aux exigences extravagantes. Le siège ultrasecret de la NSA, à Fort Meade, est survolé. Greslé envisage même que les aliènes aient déjà des collaborateurs dans le haut commandement américain.

En 1960, le NICAP envoie au Congrès des preuves. Une enquête du comité des sciences du Congrès est ouverte et fermée par la mort de son président de cancer galopant. En 1961, Hillenkoetter, président du NICAP, demande au Congrès la levée du secret, puis y renonce et démissionne du NICAP. En 1963, après plusieurs manifestations dont certaines accompagnées de pannes d’électricité géantes, une investigation scientifique est réclamée, elle est confiée au Pr Condon qui concocte un enterrement de 1ère classe. Il conclut encore que la science n’a rien à apprendre des ovnis. Les propres analyses du rapport contredisent ces conclusions lénifiantes mises en tête du rapport de 1000 pages.

Les vitesses observées dépassant la vitesse de libération, leurs bases doivent être dans le système solaire, les satellites espions n’ont pas découvert de bases terrestres. Les photos de la face cachée de la Lune seraient retouchées. Des engins lumineux auraient été vus près du site du premier débarquement sur la Lune. Une panne de caméra opportune nous a privé de la marche de l’équipage d’Apollo 14. Un débarquement d’Apollo 17 sur Aristarque, cratère le plus riche en anomalies lunaires, a été modifié au dernier moment. En 1967, en pleine guerre froide, les gouvernements anglosaxons et soviétiques s’interdisent d’armer tout espace et corps céleste, sauf la Terre. Cette entente masochiste paraît incompréhensible à Greslé si elle n’a pas été imposée par un Tiers. Les six premières années de missions lunaires de la NASA ont échoué à 100 %. A partir d’Apollo 7 le taux de réussite passe à 100 %. L’intermède lunaire a-t-il été « autorisé » ? Quel a été le prix à payer ? demande Greslé.

Pendant la réussite des missions Apollo et Skylab très peu d’observations, elles reprennent brutalement en 1967 avec des traits nouveaux : dissections de bétail, enlèvements humains, participations d’hélicoptères à des actions au sol. Le 29 novembre un gallup révèle que 51% croient à la réalité des disques volants, 11% pensent en avoir vus. Le président Gérald Ford fait voter le 4 juillet 1974 la loi de liberté de l’information. Ce qui permet la mise à jour dès 1978 de dizaines de milliers de pages de documents révélateurs (85.000 en 1985) parfois arrachés par procès et dont certains passages sont encore caviardés. Les bases aériennes stratégiques sont survolées : Loring 27-28.10.1975, Wurtsmith 30.1075, Malmstrom 7.11.75, des rapports étrangers sont envoyés à Kissinger qui renvoie à Condon : Oran 25.01.75, Colomb-Béchar 5 fois en 3.75, Tunisie 3-4.8.75, Maroc 23-24.9.75, Iran 19.9.76.

Le seul document officiel déclassifié opposé par les sceptiques affirme que l’USA a cessé toute étude après la fin de Livre Bleu. C’est peu face aux 85.000 pages. Après 30 ans l’épave de Rosswell fait surface partiellement avec un film bidon peut-être pour couvrir une autre épave et ses cadavres. Pendant ce temps les observations se multiplient : 5.000 dans la vallée de l’Hudson, 4.000 en Belgique, 875 en France le 5 novembre 1990. Coup de théâtre en juillet 1995, un audit du GAO (cour des comptes) à la demande du député Schiff : les archives administratives, opérationnelles, messages, etc de la B.A. de Roswell entre octobre 1946 et décembre 1949 ont été détruites, ainsi que de nombreux autres documents opérationnels de l’Air Force. Fait inouï, impossible, attentat à l’histoire, réel ou invoqué il signe l’affolement.

L’exception française recense une importante investigation semi-officielle. L’auteur donne de larges extraits du rapport COMETA et de l’audit de F. Louange sur le SEPRA qui au lieu d’être gonflé comme l’audit le préconisait disparaît de l’organigramme du CNES. Plusieurs films semblent mettre le public en condition d’accepter la présence d’êtres supérieurs et d’une levée progressive du secret. 

Une puissance inconnue qui se manifeste sans passer à la domination. Qui fait pression sur les États-Unis qui semblent n’avoir pas cédé. Russes et Américains rivalisent sur Terre et coopèrent dans l’espace. La Défense maintient le secret, un président parvient à le lever. Des groupes de pression, des personnalités reconnaissent la désinformation sans pousser plus loin. Médiats et scientifiques ricanent sans chercher à comprendre. Le bilan est clair, une présence extrahumaine ancienne intelligente possédant une science et une technologie transcendant les nôtres manie ostentation et furtivité. Des visiteurs, observateurs, prédateurs, mentors, robots, scientifiques ? Sommes-nous des humains pour eux ? Ont-ils constitués une espèce hybride ou simplement des janissaires pensant comme eux ?

 

Documents traduits et ou photocopiés.

1. Mémorandum pour le Président des États-Unis, 26.02.1942, général Marshall, déclassé le 2 mai 1972, rapporte survol de Los Angelès par 15 aéronefs le 25 février 1942 de 03h12 à 04h15, à 3000 m, à vitesses de 350 kmh à très lente 1430 obus tirés, aucune bombe, aucun avion abattu. Ils ne sont pas japonais.

2. Rapport sur les missiles téléguidés en Scandinavie, 16 août 1946, capitaine de vaisseau Hillenkoetter, lieutenant de vaisseau Rocheleau. Ce ne sont pas les Russes.

3. Note de synthèse du général N. Twining au général de brigade G. Schulgen, 23 septembre 1947, Opinion de l’AMC concernant les disques volants (DV).

4. 10 juillet 1947. Mémorandum Reynolds, agent FBI, note manuscrite Hoover évoquant disque récupéré.

5. 19 septembre 1947, Rapport sur les disques volants d’Harry Kimbal, SAC/FBI à propos de la note interne Coopération du FBI avec l’AAF dans la recherche sur les disques volants. 

6. 27.09.1947, Lettre Hoover, DirFBI, au général McDonald, désengagement FBI de recherche sur les D.V.

7. 6 octobre 1947, note de service D : Disques volants, interruption investigations menées depuis juillet 47

8. 21 janvier 1948, état-major général de l’armée, division du renseignement, mémorandum n°7 : collecte des information sur les aéronefs inconventionnels.

9. 4 février 1948, lettre de l’AS Harry Kimbal au Dir/FBI sur la note Investigation et rapports sur les incidents de disques volants du général Stratemeyer adressée aux généraux de régions aériennes  

10. 31 janvier 1949, Rapport AS San Antonio à Dir/FBI. Protection des installations vitales (disques volants, affaire Chiles, Whitted 2.07.47, boules vertes de LaPaz).

11. 15 février 1949, nouvelle version de §8, AIR mémorandum n°4, aéronefs inconventionnels.

22 mars 1949, FBI San Antonio à Dir     FBI Protection des installations vitales, camp Hood

12. 25 mai 1950, Résumé étude phénomènes aériens sur le N-Mexique de 12.48 à 05.50 par le Pr LaPaz

13. 21.10.1950, Rapport du CIC, Objets sur d’Oak-Ridge, observations Rymer 15.10.50, Isabell, 16.10.50.

14. 8 septembre 1950, Directive sur collecte d’informations et d’analyse sur les aéronefs inconventionnels du général Cabell, major général USAF, lettre d’accompagnement à Hoover

15. 21 novembre 1950, Rapport de Wilbur Smith à gouvernement Canada et journal de Sarbacher.

16. juillet 1995, Audit GAO sur incident Roswell à demande SS Schiff : destruction archives Roswell 1947

17. 6 avril 1952, AFR 200-5, Procédure spéciale de transmission des rapports ovni 

18. 12-18 janvier 1953, Rapport commission Robertson (annexe U du rapport Condon)

19. 26 août 1953, Air Force Regulation 200-2 remplace la 200-5

20. Décembre 1953, JANAP 146, Renseignement ovni, création air intelligence service squadron 4602, enquêtes recherches et récupération traces et fragments, avec moyen aériens et au sol, rapport CIRVIS (air) et MERINT (mer)

21. 1 février 1959, AFR 146-D

22. 17 octobre 1963, résolution 1884 onu, interdiction ADDM en orbite

23. 13 décembre 1963, ONU résolution 1962, utilisation de l’espace, pas d’armes dans l’espace

24. 19 septembre 1966, AFR 80-17

25. mars 1975, colonel Latrèche Algérie, à Kissinger

26. 1 novembre 1975, survol installations et dépôts nucléaires de Wursmith

27. 7 novembre 1975, survol de la BA Malmstrom, déprogrammation des missiles

28. août 76, général Balma, Tunisie, à Kissinger

29. 23 septembre 75, Maroc, à Kissinger

30. 19 septembre 76 rapport incident Téhéran

31. mai 77, JANAP 146-E

32. 7 janvier 1994, directive de principe de l’Air Force


 



NDL. La vague de 1954 et ses origines, Michel Granger, Ufomania 41

Il n’y a rien à ajouter au réquisitoire de l’auteur sur la maltraitance de la vague française d’ovnis de 1954 par les médiats de l’époque. Je partage sa répugnance pour les pseudoexplications de Jean Sider qui est parfait quand il dissèque la dite vague mais qui s’égare quand il cherche, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, des explications farfelues, paranormales, pseudoscientifiques (il croit que l’état fluide est immatériel !) au phénomène ovnien. C’est du déboulonnage objectif. Ces extravagances étiologiques ne font que renforcer le rejet et le mépris des scientifiques et des sceptiques envers ceux qui voient, admettent ou étudient les ovnis.

Je m’inquiète quand que je lis de la plume de l’auteur - sans qu’il dise clairement s’il prend à son compte l’affirmation ou s’il l a laisse aux autres - : Il est plus que probable que si le phénomène ovni en général, et celui de 1954, en particulier, trouvait une explication totalement matérialiste, elle perdrait ipso facto tout son intérêt et l’intense fascination qu’elle n’a cessé d’exercer sur l’esprit humain tomberait, ce qui pour moi serait la pire des choses.  Il y aurait donc des chercheurs qui ne cherchent pas la vérité mais leur vérité (spiritualiste, fantastique, ésotérique, etc…) et qui décrocheraient si une explication matérialiste, banale pour eux (l’explication extraterrestre tôle et boulons !) se confirmait.

Pis, cette perte d’intérêt et de fascination serait pour M.G. la pire des choses. Ce n’est pas la confirmation que l’humanité est sous surveillance et peut-être sous contrôle d’engins et d’entités inconnus qui serait pour lui la pire des choses mais le désintérêt de ceux qui, par fantasme ou pour se rassurer, espèrent en une solution éthérée et lointaine, et se détourneraient – pour cause de matérialité banale - de la plus formidable menace jamais présentée à l’humanité. Si l’existence de disques solides se confirmait, ils abandonneraient la question et passeraient sans doute à l’étude des fantômes. On croit rêver, une hypothèse jugée fantastique, imbuvable par la grande majorité de l’humanité - l’intrusion furtive d’engins inconnus habités dans notre espace - serait classée triviale, indigne d’intérêt par ceux qui ont fait leur fond de commerce d’hypothèses psychofarfelues. Est-ce pour se rassurer qu’ils s’accrochent aux théories psychiques, fantastiques, paranormales, paradimensionnelles ou seulement pour satisfaire leur goût de l’insolite ?

Voilà où nous mènent les élucubrations étiologiques sur la nature et l’origine du phénomène discutées avant que la réalité physique des objets et des entités observés ait fait l’objet d’un consensus. Comment oser spéculer sur l’étiologie d’un phénomène totalement inconnu, dont on ne sait que ce qu’il veut bien laisser voir ? Soyons cohérents : Le diagnostic physique et le diagnostic différentiel doivent précéder le diagnostic étiologique.

Ils feraient mieux de travailler sur ce qu’il adviendra de l’humanité le jour où la réalité d’engins et d’entités aliènes sera confirmée. Ce pourrait être un ethnocide, la fin d’une humanité tenue d’abdiquer son hégémonie sur tout ce qui existe et vit dans l’univers. Démoralisation des militaires, démotivation des scientifiques, explosion de sectes sacralisant ces grands frères, partition entre résistants et collaborateurs, suicides collectifs, dévalorisation des politiques, chaos social... Seule une longue préparation par étapes est susceptible d’amortir ce choc de civilisations qui même entre nous, Homo sapiens, se termine par la disparition ou la dégénérescence de la plus faible.

Je ne suis pas non plus d’accord avec l’aphorisme d’Aimé Michel, les moutons ne savent pas qu’ils sont maternés pour leur laine et leur chair. Quelques d’entre nous, pauvres bactéries humaines, ont réussi à percevoir dans l’objectif du microscope que nous étions observés sans avoir aucune idée de l’intelligence aux commandes derrière l’oculaire (L. Moulton Howe).

Une terrible réalité matérielle se précise au dessus d’une humanité impuissante qui se réfugie dans le rire et la négation. Cette attitude absurde en apparence traduit une défense, un interdit formidable posé par l’inconscient collectif sur les cerveaux, pour protéger l’humanité du chaos social prévisible en cas de prise de conscience brutale. C’est peut-être lui aussi qui manipule les ufologues adeptes d’une immatérialité soucoupique paranormale, participant ainsi sans le vouloir   de la protection de l’espèce contre le risque socioculturel d’un choc interspécifique galactique. En effet ces spéculations délirantes ne font que renforcer le scepticisme des intellectuels.                  

Jacques Costagliola

 

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A propos de Diable d’ufologie de Daniel Le Chatelain, Ufomania 41

L’auteur regrette lui aussi que l’on s’accroche à la position, moderniste pour lui, tôles et boulons mais dédaigne les positions paranormales à la Sider, voire divines. Il voudrait qu’on s’intéressât plus aux phénomènes lumineux purs. Comment savoir qu’ils sont purs ? Il ne se scandalise pas que nombre de vieux ufologues soient plus des chasseurs d’insolite que des chasseurs d’ovnis. C’est un scandale que de chercher une solution privilégiée et de refuser celle qui ne correspond pas à ses propres fantasmes !

Les 26 observations spectaculaires de Tilly-sur-Seulles 1896 qu’il décrit sont à la limite du phénomène ovnien et de l’apparition mariale et ressemblent à Fatima par la composante pseudosolaire et des messages alarmants. Il évoque l’hallucination collective qui avec l’hystérie et la psychose collective, reviennent régulièrement sous la plume des sceptiques comme diagnostics de rechange. Imposture, hallucinations et psychose collectives sont des syndromes inventés par terrorisme intellectuel et qui n’existent pas. La nosologie psychiatrique ne connaît au plus que le délire à deux et dans un contexte très particulier. L’hystérie collective, dont on connaît quelques cas comme les possédées de Loudun ou de Harlem, a pour constante l’exhibitionnisme exacerbé qui tranche avec la retenue du témoin d’ovni qui ne se dévoile qu’avec réticence et raconte sans les reproduire les symptômes qu’on pourrait être tenté de rattacher à l’hystérie. Aucun ne présente son terrain particulier. Par contre une gigantesque illusion d’optique artificiellement provoquée par le phénomène n’est pas à exclure. Parler de phénomène intelligent puis s’interroger s’il est vivant, comme le fait DLC est paradoxal. De plus le caractère vivant ne se juge pas sur son aptitude à influer sur les sentiments intimes de l’homme, absorber son attention graduellement. Un coucher de soleil en est capable. Dire qu’il s’agit d’un phénomène séculaire qui s’adapte à l’homme est un jugement de valeur, on peut tout aussi bien dire que c’est l’homme qui le voit avec les yeux de son époque. D’ailleurs la Vierge de taille réduite n’est pas un phénomène moderne inauguré à Fatima, La Vierge de Guadalupe  de 1505 est une adolescente de 14 ans.

Je pense que nous devrions nous attacher aux faits bruts, aux témoignages, aux enregistrements, aux marques au sol, aux lésions subies par la flore, la faune et les hommes, aux vestiges égarés, les croiser, les disséquer sans extrapoler sur leur origine et leur essence. Il est plus important d’obtenir un consensus sur la réalité du phénomène avant d’élucubrer sur des hypothèses fantastiques, qui ne devraient pas survivre au rasoir d’Occam. Il serait plus important de percer leurs intentions, leurs motivations, leurs buts que de chercher à deviner de quelle dimension ils viennent.

Devant un fait entièrement nouveau, le cerveau est désarmé, on ne connaît pas, on reconnaît. Le cerveau ne peut que puiser dans son connu, son vécu, son imaginaire… pour substituer n’importe quel connu proche, voire n’importe quel imaginaire reconstruit à partir de souvenirs de lecture, de films ou de fantasmes, au réel incompréhensible. De plus nous ne pouvons voir en un organisme supérieur plus que ce qu’il y a d’humain en lui. Le reste ne peut apparaître qu’absurde, farfelu, magique. On ne peut rien en tirer et surtout pas des hypothèses étiologiques. 

J C

 

 

 

 


  Isabelle  Stengers,  Les scientifiques et les ovnis

 

Les scientifiques aiment bien avoir l’initiative des questions, ils aiment bien inventer les questions auxquelles la science va pouvoir répondre. Lorsqu’un phénomène se produit en dehors de toute initiative de leur part, n’importe où, n’importe comment, devant n’importe qui, ils n’aiment pas ça du tout, parce qu’a priori, ils sont dans la même position que n’importe qui, ils n’ont pas d’approche qui les spécifierait et à ce moment-là, - et c’est ce qui m’intéresse dans les ovnis en tant que symptôme, - ils tendent à disqualifier le phénomène, ils tendent à disqualifier les témoins et à mettre l’ensemble sous le signe de la croyance. Et, ils deviendront alors les non croyants, ceux qui rappellent les vertus de la rationalité scientifique.

Il y a donc là, à mon sens, quelque chose de pathologique car bien évidemment beaucoup de phénomènes nous posent problème sans que les scientifiques aient pris la moindre initiative ; c’est donc une très mauvaise habitude qui se révèle notamment autour de ce phénomène ovni, et une habitude qui met en danger les relations démocratiques entre science et société…  

Les scientifiques rejettent le phénomène, je dirais presque, dans la pédagogie de « Qu’est-ce qu’une rationalité scientifique ? » qui, d’ailleurs, n’existe nulle part. Il est très typique de voir un scientifique faire la leçon à ceux qui s’intéressent aux ovnis en termes de « Il faut savoir ce qu’est la science » et disant par exemple : « Les ovnis sont un phénomène purement sociologique ou purement langagier ». C'est-à-dire qu’ils ne s’intéressent pas au phénomène, ils le transforment en occasion d’apprendre au bon peuple crédule : « Qu’est-ce que la science ? qu’est-ce qu’un véritable objet scientifique ? » Et de pointer les différences qui, paraît-il, disqualifieraient les ovnis. Alors, qu’en fait la seule chose que dise ce contraste, entre l’ovni comme problème et l’objet scientifique, c’est qu’effectivement les scientifiques n’ont pas encore inventé la manière de s’y intéresser ; et donc ils font de ce contraste, qui veut dire « il n’y a pas encore de véritable invention scientifique », une manière de dire : « Ça n’existe que sur le mode sociologique, sur le mode rhétorique, sur le mode des on-dit, sur le mode des sciences humaines ». Ils le renvoient aux sciences humaines, c'est-à-dire que, pour eux, l’objet légitime n’est pas du tout cette chose qu’on observe de temps en temps dans le ciel, c’est : « Qu’est-ce qui fait que des gens puissent croire », et donc ils le transforment en étude des croyances irrationnelles, des croyances populaires.

C’est un contexte extrêmement malsain, c’est un contexte producteur de secte, c’est un contexte qui toujours transforme ceux qui s’accrochent en la caricature de leur propre intérêt préalable. 

         Isabelle Stengers

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Publié dans ovniologie

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Mean jacques 18/06/2011 00:43



Monsieur bonsoir


J'ai lu sur un forum ufologique un de vos articles concernant la paralysie des témoins de rencontre rapprochée. Paralysie que vous redéfinissez en "adnésie" si je me souviens bien.


J'ai eu l'occasion de rencontré dans les années 1979 1980, un témoin d'une telle rencontre. Lorsque le faiseau de sa torche a éclairé l'OVNI, un rayon lumineux l'a "paralysé". Ce témoin s'est dit
"si je peux réfléchir, je peux obliger mes muscles a bouger". Il lui a fallu 2 à 3 minutes (il ne pouvait préciser), pour qu'il puisse bouger le pouce de la main droite et éteindre sa torche. Le
rayon s'est arrété.


Sur quel "organe" ou transmetteur chimique ce rayon a-t'il pu agir??


Ne connaissant pas votre mail, je souhaitais vous communiquer ce témoignage.



Costag 01/01/2012 10:00



Bonjour et mes excuses pour cette réponse tardive?


J'ai eu un crache-disque et j'ai perdu beaucoup de données.Je ne crois pas avoir utilisé le mot adhésie dont je ne comprends pas le sens. Votre observation est très intéressante. J'en connais une
autre où la victime a pu bouger ses doigts .A mon avis qu'il y ait ou non rayon ou faisceau atteignant le témoin , il ne s'agit pas d'une paralysie (il tomberait) mais une inhibition des
mouvements volontaires . Les réflexes et les mouvements automatiques, le tonus musculaire  persistent. Le rayon ou les ondes doivent neutraliser la zone du cortex de commande des mouvements
volontaires exclusivement. Les muscles de l'avantbras commandant les mouvements des doigts occupent une grande surface  et sont à la périphérie de la zone, c'est peut-être la raison pour
laquelles ils parviennent moins bien à les neutraliser. Si vous le voulez, donnez-moi plus de détails en m'écrivant à jcostagliola@free.fr 


Cordialement et bonne année.